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22.11.16

Ma vie jusqu'ici


Si vous allez grimper l'Himalaya c'est mieux de ne pas commencer à Paris. Partez du pied de la montagne. On va pas s’emmerder.



Et dans la vie c'est pareil. On ne commence pas tous au même endroit. On n’a pas tous les mêmes chances de réussir.

Perso j’ai eu de la chance. Je fais parti de ceux qui sont entrés dans la vie avec de bonnes cartes en main.

Un pays riche. Libre. Une famille aisée. Sentiment d’appartenir à une classe privilégiée.

Mais dans ces cartes se cachaient aussi quelques avaries. C'était pas de leur faute. Mes parents avaient des problèmes qu'ils n'étaient pas armés pour affronter.

Ca a commencé quand j’avais 6 ans. Le début des emmerdes.

Le prof avait écrit une phrase au tableau qu’on devait déchiffrer. La phrase, c'était “cette famille est heureuse”.

Je me souviens que j'étais assis au fond de la classe à côté d’un autre garçon. Et parce que cette description semblait si loin de notre réalité, j’ai dû faire un effort considérable pour retenir les larmes qui poussaient très fort juste derrière les yeux.

Premier sentiment de tristesse. Le plus intense que j’avais connu jusque-là. Un de mes premiers souvenirs. Les mots "famille" et "heureuse" mis côte à côte m'avait révélé l'évidence. Nous n'étions pas heureux.

Mon père surtout. Pas équipé pour surmonter ce dans quoi il s'était lancé. Alors il a perdu pied. Et il nous a tous entrainé avec lui. Il s’est défoulé. Sur moi surtout. Pas trop sur mes frères et soeurs, heureusement.

Mais il ne m’a jamais frappé. C'était plutôt une entreprise de destruction psychologique. Depuis la fin de mon enfance et pendant le plus clair de mon adolescence.

Ca a pas trop mal marché.

Après quelques années j’étais devenu terrorisé à l'idée de commander un menu Big Mac. Une angoisse et un stress infernal quand je me trouvais en présence d'une autre personne. Incapable de comprendre ou même d'écouter ce qu’on me disait. Un vrai demeuré.

Effacement total de la personnalité. J’ai traversé les années comme un fantôme. Sans aucune prise sur la réalité.

Et à partir de là l’histoire de ma vie est devenue celle d’un gouffre de plus en plus difficile à traverser.

Un gouffre entre des rêves démesurés d'une part, et l'incapacité totale de les réaliser d'autre part.

Je me suis mis à rêver pour m'échapper. Parce qu’on m'avait tellement répété que j'étais un incapable.

Je me suis mis à rêver de grandeur. Et d’ailleurs. Construire des choses qui me dépassait. Des choses considérables. Assez grandes pour compenser le vertige de l'insignifiance.



Mais en même temps le manque total de confiance en moi m'empêchait d'accomplir quoi que ce soit.

On m'avait tellement répété que j'étais bon à rien... Les grandes étapes de la vie m'étaient insurmontables.

Et je me suis retrouvé coincé entre le désir de quelque chose d'exceptionnel et l'incapacité de prétendre ne serait-ce qu'à la normalité.

Alors je me défonçais tous les jours pour rendre mes rêves plus réels.

Et pour me consoler. Pour oublier le gouffre au-dessus duquel je lévitais. Pour oublier la solitude. La réalité. La peur de la réalité.

Et parce que je ne pensais pas être à la hauteur du moindre succès, je me sabotais avant même qu'il ne pointe le bout de son nez.

Du coup j’ai tout raté.

Je voyais les autres avancer et moi je restais bloqué.

Leurs études. Leurs amis. Leurs premiers jobs et leurs carrières qui prenaient forme. Mariage. Premier appart’. Enfants. J’observais tout ça comme un couillon tout seul sur le bord de la touche.

Au fil des années je me suis isolé dans le confort de la solitude. Pour éviter le regard des autres. Pour ne pas être confronté à ma propre réalité.

Et vous savez, j’ai en ai longtemps voulu à mon père. Pour être responsable de mon malaise. Pour m’avoir rendu la vie si compliquée.

Mais j'ai bien fini par me rendre compte de la vérité. Et la vérité, c'est que le seul responsable en fait, c’est moi.

Parce que c’est comme pour tout. Il y a les bonnes raisons. Et puis il y a les vraies raisons.

La bonne raison c’est que mon père a été un enculé faible et irresponsable qui m’a coupé l’herbe sous le pied et m’a empêché d'avancer.

Mais la vraie raison, c’est que je suis le seul à avoir écrit l’histoire de ce qui s’est passé.

Beaucoup de personnes vivent des choses similaires dans leur enfance. Mais personne ne réagit de la même façon.

Nous seuls choisissons ce dont on veut se rappeler. On sélectionne quels souvenirs intégrer ou non dans l’histoire qu’on veut être celle de notre vie. Et on écrit cette histoire. Pour y puiser des forces, ou pour se trouver des excuses, ou pour s'apitoyer sur son sort.

Nous sommes les seuls responsables.

Pensez-y. Combien de choses se sont passées aujourd’hui que nous aurons oubliées ce soir?

Le bâtard qui vous a fait une queue de poisson sur le chemin du bureau. La collègue qui a laissé filé un petit pet très léger, à peine audible, et qui a immédiatement lancé un coup d’oeil circulaire paniqué pour s’assurer que personne n’avait entendu. Vous avez entendu.

Mais on oublie tout ça. Et pourtant on se souvient très bien de certains événements très lointains.

C'est dingue non? On s’en souvient parce qu’on fait l’effort de s’en souvenir. Pour les intégrer à la collection d'événements qu’on imagine être la clef de notre vie.

Et peut-être qu’elle m’arrangeait bien, l’histoire que j’imaginais être celle de ma vie.

Parce qu’elle me donnait une excuse.

C’est facile pour personne de commencer dans la vie. De trouver la lutte dans laquelle on est le moins mal-à-l’aise. De trouver sa place dans le monde. Et puis on s’y fait. On se trouve un point d'ancrage. Et à partir de là on construit. On vit.

Mais moi je m'étais trouvé une bonne excuse pour ne pas entrer dans la vie. Des raisons pour m'apitoyer sur mon sort. Pour ne pas commencer le combat. Alors que tout ce qui comptait, c'était d'avancer.

Donc la vraie question n'est certainement pas de savoir quels événements ont façonné la personne que nous sommes devenue.

La vraie question, c'est de savoir lesquels de ces événements nous permettent d'écrire une histoire qui nous permette d'avancer.

Parce que c'est tout ce qui compte. Ecrire une histoire de notre vie qui nous permette d'avancer.


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10.11.16

Comment j'ai vaincu les crises de panique


Si vous pouviez changer un truc chez vous, un seul, comme-ça en claquant des doigts, ce serait quoi?

Pour moi la réponse c'était "arrêter d'avoir ces crises de panique".



Si vous n'avez jamais eu de crise de panique en gros ça se passe comme ça: vous êtes en train de mourir.

Et de perdre la tête. En même temps.

L'impression que votre corps vous lâche. Votre coeur bat 200 à l'heure. Vous n'arrivez plus à respirer. Votre cerveau part en vrille. C'est la fin. Et en plus vous devenez fou. Ca peut durer comme ça pendant plusieurs heures.

Perso j'étais un habitué. Les crises de panique, j'en avais eu depuis presque 10 ans. Parfois tous les jours.

Si vous n'avez jamais eu de crise de panique je sais ce que vous êtes en train de vous dire. "Relax coco. Pète un coup. Y'a pas de quoi se mettre dans des états pareils. Raisonne-toi un peu".

Le truc c'est que ces crises sont très difficiles à contrôler. C'est psychologique, mais c'est surtout physique. Et si vous y êtes sujet vous savez de quoi je parle. C'est presque impossible à contrôler. Mais c'est possible.

Depuis que j'ai décidé de vraiment prendre les choses en main ces putain de crises sont complètement terminées. Fini. Mais ça n'a pas été immédiat. Et peut-être que ça marchera pour vous, mais peut-être que ça ne marchera pas. J'en sais rien. Tout ce que je peux vous dire c'est que pour moi ça a marché.


1. Réaliser

La première étape c'est de réaliser ce qu'est une crise de panique. L'identifier quand elle est en train d'arriver.

Vous n'êtes pas en train d'avoir une crise cardiaque. Une crise cardiaque se manifeste par une douleur au coeur. Vous n'êtes pas en train de devenir fou non-plus. Vous n'allez pas vous évanouir. Vous n'allez pas mourir (tout-de-suite). Votre santé n'est pas en danger.

Une crise de panique ca survient quand une angoisse souvent sournoise, tapie dans l'ombre, nous empêche de respirer correctement. En particulier, la respiration est bloquée au niveau du sternum. Juste entre vos deux tétons.

C'est ça, une crise de panique. Et c'est ce qui est en train de vous arriver. Comme ça a déja été le cas par le passé. Et vous n'avez toujours pas claqué.

Il faut ensuite bien savoir que ce qui engendre la crise, c'est souvent la peur de la crise.

Chaque crise contribue donc à renforcer votre condition. Rappelez-vous en la prochaine qu'une crise pointe le bout de son nez. C'est une incitation rationnelle à l'éviter. Et chaque élément rationnel, qui vous ancre dans la réalité, est bienvenu.

2. Respirer

Quand une crise de panique survient c'est très difficile de se forcer à respirer correctement. Justement parce que c'en est la cause. Mais si vous y parvenez, la crise s'en va d'elle-même. Pouf. Comme par magie.

Respirer profondément du bide et par le nez pendant 5 secondes. Maintenez pendant deux secondes. Puis expirez pendant 5 secondes. En deux minutes la crise disparaît.

Un autre truc qui peut aider c'est de fixer des choses stables, qui ne bougent pas. Comme vos chaussures sur le sol par exemple.

3. Se bouger

Faire du sport fréquemment. En particulier ce qui s'appelle du HIIT (pour High Intensity Interval Training). Les crises ont disparu juste après que je m'y sois mis.

Le HIIT ça consiste à se pousser à fond pour de brèves périodes. Puis se reposer. Et recommencer. 5, 6, 7 fois de suite.

Vous pouvez faire ça en courant, en vélo ou sur toute autre machine de la salle de sport. Allez à fond pendant 30-45 secondes. Il faut vraiment que vous soyez essoufflé. Puis récupérez en allant très lentement pendant 90 secondes. Recommencez à fond pendant 30-45 secondes. Et ainsi de suite.

C'est aussi la meilleure façon de perdre du gras et de devenir plus résistant. Comme ça en passant.

4. Bien manger

C'est-à-dire sain. En particulier évitez les sucres, rapides ou lents, trop raffinés. Genre les petits gâteaux d'après le dinner ou les pâtes que vous bouffez tous les soirs devant la télé. Pas besoin d'être ta mère pour savoir que c'est pas bon.

C'est comme ça que j'ai vaincu les crises de panique. Ca m'a vraiment aidé tout ça. Et j'espère que ça vous aidera vous-aussi, ou ceux de vos proches qui subissent ces épisodes pas très marrants.

Prochaine étape : la méditation. Je sais, tout le monde s'y met. Et ben bientôt moi-aussi. Dès que j'ai trouvé la patience.


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8.11.16

Voter Républicain


Donc demain matin vous vous réveillerez en apprenant qui sera le prochain Président des Stazounis.

Moi aussi je ne l'apprendrai que demain matin pour tout vous dire. Comptez pas sur moi pour rester sobre ou même éveillé pour assister au Cataclysme Mondial ou au Grand Soulagement.

Non merci. Je vais bouffer un Xanax autour de 21h et apprendre la nouvelle en me réveillant 12 heures plus tard. Une fois que l'essentiel de la tempête sera passé.

Mais en suivant cette élection et toutes les autres, on arrive forcément à s'interroger devant cette fameuse carte électorale.



C'est frappant. L'essentiel du territoire est tout rouge et vote Républicain. Seuls les quelques Etats surpeuplés du littoral, genre Californie Washington ou New York, sont à majorité Démocrate.

Alors se pose la question. Pourquoi ces "Flyover States" comme on les appelle, c'est-à-dire ces États qu'on se contente de survoler en avion, votent-ils tous Républicains? Pourquoi ces États ruraux, essentiellement pauvres, accordent-ils des majorités si écrasantes aux conservateurs?

En tant que Français ça a de quoi surprendre. On se dit Républicains = peu de dépenses publiques = pas bon pour les pauvres = les paysans crèvent la dalle et meurent en travers des chemins.

Et Démocrates = grosses dépenses publiques = écoles + sécu + aides aux plus pauvres = bon pour les pauvres = bon pour les paysans.

Sauf que les States c'est pas la France. Et si on comprend un tout petit peu ce pays, le fait que les États ruraux soient essentiellement conservateurs ne surprend pas tant que ça.

En fait la distinction qui fait sens n'est pas pauvres vs. riches (comme en France). La vraie distinction, c'est: individualisme rural vs. collectivisme urbain.

Quand vous vivez dans une grande ville, vous avez forcément un "sens de la communauté" plus aiguisé.

Vous voyez la pauvreté dans la rue. Vous bossez tout en sachant que vous pouvez perdre votre taff le lendemain. Vos enfants vont à l'école du coin, jusqu'à ce que vous ne déménagiez et qu'ils aillent dans une autre école. Etc.

En un mot vous êtes totalement intégré au système. Vous dépendez du système. Pour assurer ne serait-ce que la survie des plus pauvres et éviter qu'ils ne tentent d'égorger vos fils et vos compagnes. Ou, le cas échéant, que la police se charge de vous protéger.

Vous dépendez du système pour garantir le maintien de votre train de vie si vous perdez votre job. Ou si vous tombez malade. Etc.

A la campagne c'est différent. Dans le Kansas ou l'Alabama ou le Montana on se fout complètement de tout ça.

On est "self-sufficient". Pour faire simple, on laboure sa terre aujourd'hui comme on l'a fait hier et comme on le fera demain. On envoie ses enfants à l'école du coin. Et si quelqu'un s'introduit chez vous vous lui collez une balle dans le pruneau et le problème est reglé.

Bref, vous vous démerdez. La vie est moins incertaine, vous dépendez surtout de vous-mêmes et vous n'attendez rien de personne. Et surtout pas d'un Etat fédéral qui va vous dicter sa loi en s'immisçant dans la façon dont vous vivez votre vie.

Ce qu'on attend de l'Etat à la campagne, c'est avant tout qu'il vous foute la paix.

Qu'il vous force à payer le moins d'impôt possible. Qu'il s'interpose le moins possible, et en particulier qu'il ne s'oppose pas au droit de vous défendre avec votre 460 Magnum. Parce que tout ce qu'on peut en attendre de l'Etat, à la campagne, c'est des emmerdes. Et des limites imposées aux libertés.

Si vous ajoutez à ça la question des valeurs, souvent religieuses, il devient difficile d'imaginer ces "Flyover States" voter autrement que conservateur.  

Et très sincèrement, si j'avais grandi dans les champs et que je bossais en salopette, je voterais sûrement moi-aussi Républicain.

Pas forcément clown-Républicain-orange-à-perruque.

Mais Républicain quand même.


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31.10.16

Jouer à poil dans l'Océan


Il est un endroit en France que j'ai connu toute ma vie. J'y ai passé chaque été de mon enfance. Et j'y retourne dès que j'en ai l'occasion.



Cet endroit est le plus beau que je connaisse. La nature y est vierge et puissante. Les rouleaux de l'Atlantique s'y fracassent sur des kilomètres de plages abandonnées. Et quand la marée se retire, l'espace s'étend à l'infini. Tout le paysage se pare d'une splendeur qui hypnotise. On peut y jouer à poil dans les vagues, sans jamais y croiser personne.

Au coucher du soleil le ciel devient rouge écarlate. Il se reflète dans l'eau devenue lisse comme un miroir. Tout l'espace se charge d'une chaleur dont s'évapore le passé et l’avenir, pour laisser toute sa place à l'infini de l'instant présent.

Une fois couché, le soleil fait place à des nuits tellement claires qu'il suffit de lever les yeux pour se retrouver projeté dans le cosmos.

C'est un sentiment de grandeur dans la splendeur. Plongée dans la contemplation d’un bonheur serein.

Alors forcément je suis resté un habitué. Cet endroit m'a vu revenir chaque année, un peu changé, depuis toujours.

J'y ai barboté dans l'Océan avec des brassards bleus et blancs. C'est là que j'ai appris à nager. Puis à faire du bodyboard. J'ai failli m'y noyer au moins trois fois.

Ma grand-mère nous emmenait passer tous les après-midis à l'Océan. Après elle nous payait des crêpes au Nutella qu’on dévorait sur la jetée. Je me souviens du sel de mer et du sable qui nous collaient à la peau jusqu'au soir.

J'avais mes copains du coin. Ceux avec qui je suivais les ados qui allaient se tripoter dans les dunes. Et puis, au fur et à mesure, on est devenu ces ados qui allaient tripoter des filles dans les dunes.

Vers 18 ans j'ai commencé à y aller avec mes potes de Paris plutôt qu'avec ma famille. On y fumait des pétards sur le chemin de la plage. On se bourrait la gueule le soir dans les bars du coin.

Et puis en grandissant j'y ai emmené toutes mes copines un peu "sérieuses". Pas une avec qui je n'ai pas niqué en plein air sous le soleil. Sur la plage ou dans les dunes ou le jardin ou dans les bois. Citez-moi un seul plaisir supérieur à ça.

Cet endroit m'a offert des moments qui sont parmi les plus heureux de ma vie vous savez. Mais il m'a vu malheureux, aussi, au fil des années.

Il m'a suivi quand j'allais me réfugier dans les bois pour pleurer derrière la maison quand j'entendais, petit, mes parents se déchirer.

Il m'a vu rongé par la tristesse de grandir dans une famille déprimée. Il a assisté à mon enfance baignée dans l'angoisse noire de mes parents. Et il a observé cette angoisse, petit à petit, devenir la mienne.

Cet endroit m'a vu revenir chaque année, et chaque année il a constaté ma difficulté à avancer. Il a vu se creuser un fossé de plus en plus difficile à traverser.

Et puis il a entrepris de m'aider.

En me montrant à quoi ressemblait le bonheur. En me prouvant que le bonheur était accessible et simple. Réèl et palpable. Parce qu'il suffit d'y respirer et d'ouvrir les yeux pour se sentir profondément heureux.

Il suffit d'y exister pour se mettre à l'abri de la tristesse et des angoisses et des emmerdes. Poisons qui obscurcissent le jugement. Illusions qui prennent les allures de la réalité. Vagues souvenirs, soudain devenus lointains et sans goût au milieu de tant de beauté.

Mais surtout cet endroit m'a assuré que quels que soient mes errements, il existera toujours en ce monde une place pour moi.

Parce que s'il m'a vu revenir chaque année un peu différent, lui n'a jamais changé.

Le même soleil s'y lève chaque matin. Il y projette ses mêmes rayons entre les mêmes pins. La marée s'en va et revient deux fois par jour, depuis toujours. Les dunes y sont toujours caressées par le vent. L'oyat s'y courbe de la même façon. Comme c'est le cas en ce moment. Comme ça s'est passé ce matin. Et comme ça se passera demain matin.

Au fil des années cet endroit est devenu mon ancrage. La fondation de mon âme. Celui qui me permet d'avancer sans angoisse. De poursuivre mes aventures, en les considérant comme un bonus. Parce que je sais qu'il existera toujours un endroit sur lequel me replier. Un paradis secret, dans lequel je pourrai toujours me retrouver. Un bonheur simple et authentique sur lequel je sais pouvoir compter.

J’y retourne pour observer ma vie avec la sincérité de la distance. J'y examine mes priorités et mes projets avec l'esprit clair. J'y puise toutes mes forces.

Et quand je regarde le phare s'éloigner pour une autre année, c'est toujours avec une légère peine mêlée à l'excitation de mes prochaines aventures.

Et quand ça va pas trop parmi les tours de bétons, je ferme les yeux pour me retrouver sur le haut de ma dune. Transporté dans le rouge du soleil qui se couche sur l'océan. Et je respire un grand coup d'air iodé. Et je retrouve cette sérénité. Pour me rappeler combien le bonheur est quelque chose de simple et d'évident, qu'on a trop souvent la faiblesse de se compliquer.



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22.9.16

Vaincu par la dentelle



Ce qui rend la vie sympa à New York : la ville est tellement dense qu'on y voit toujours des trucs inouïs. L'extraordinaire y est ordinaire.


Et ça va dans les deux sens. Dans le bon comme dans le mauvais. Ou plus exactement, dans le très mauvais comme dans le très bon.





J'ai vu des héroïnomanes en manque chier leur diarrhée infâme entre deux voitures. Des types fumer leur crack peinards dans le métro. Des cyclistes se faire éclater par des camions qui allaient beaucoup trop vite pour leur laisser la moindre chance.


Mais souvent aussi on témoigne de choses fabuleuses. Et les plus fabuleuses de toutes, ce sont les filles qui de temps en temps bénissent de leur déhanchement certains trottoirs de cette ville.


Au début de cet été par exemple. J'étais tranquillement assis dans Union Square Park quand une fille s'est mise à déambuler la poitrine à l'air. Deux seins considérables, parfaitement formés, qui se balançaient en plein soleil, au rythme de ses pas.


Fantastique.


Mais c'était rien comparé à aujourd'hui.


Aujourd'hui, j'ai aperçu la fille la plus extraordinaire de tout l'été. La fille la plus incroyable que j'ai vue à New York en fait. Peut-être même de ma vie entière. Je dois vous en parler.


Il faisait très chaud aujourd'hui. Grand soleil. Au moins trente degrés. Je sortais à peine de mon bureau pour aller chercher mon déjeuner quand cette fille m'est passée sous le nez.


Brune, assez grande, une vingtaine d'années. Fine et bronzée. Un canon, mais comme on en croise somme toute assez souvent.


C'est sa tenue qui m'a interpellée.


Elle portait une petite robe en dentelle noire. Sexy, mais à priori rien de bien spécial non-plus. Au premier regard en tout cas on ne remarquait rien. Mais en s'y intéressant d'un peu plus près on se rendait compte que sous sa robe en dentelle noire, cette fille ne portait rien. Strictement rien. Elle était totalement nue.

On voyait la peau de tout son corps derrière son tissu de dentelle noire. Le haut de son dos. Le creux de ses reins. La raie de ses fesses. Ce cul parfait. Et sa petite touffe dans le creux du haut de ses jambes. C'était extraordinaire. Foudroyant. J'étais hypnotisé.


Sans même m'en rendre compte je me suis mis à la suivre. Mon regard ne pouvait se détacher de ses fesses complètement nues. Il ne manquait rien de leur mouvement. Et cette petite touffe qu'on distinguait clairement, si on y regardait bien, juste sous ses fesses, dans le creux du haut de ses jambes.. J’allais mourrir.


Je l'avais maintenant suivie sur une dizaine de blocs et mon coeur battait à fond. J'essayais de retrouver mes esprits. Pour me figurer quoi faire.


Mon premier instinct : trouver un moyen de lui adresser la parole. Une approche. Quelque chose à lui dire. J'étais tellement attiré. Je devais lui parler.


Mais j'en étais incapable. Je ne pouvais tout simplement pas. Mon coeur battait beaucoup trop vite. Ma bite était trop dure. Et elle était tellement nue, comme ça en pleine rue... J'étais incapable de lui adresser la parole. A elle ou a qui que ce soit d'autre. Impossible. On sait bien que le sang d'un homme irrigue soit son cerveau ou soit sa bite. Il n'en restait pas une goutte pour mon cerveau.


Ses fesses complètement nues sous son tissu de dentelle étaient sublimes. Mon esprit était assailli par des avalanches de désir. Perdu dans le brouillard d'une excitation extrême. En ce moment précis, cette fille aurait pu exiger n'importe quoi de moi. J'aurais renoncé à tout ce que je connaissais pour glisser ma main entre ses jambes. J'aurais tué pour l'effleurer.

Et puis mon deuxième instinct a surgi.


J'étais beaucoup trop excité. Mes yeux enregistraient toujours les merveilles qui lui étaient offertes, et mon cerveau m'implorait de m'occuper de la situation. D’une manière plus réaliste. Et solitaire.


Mon deuxième instinct était de me demander où aller me réfugier pour résoudre cette situation.


Et tout à coup elle s'est arrêtée de marcher. Pour embrasser la copine qu'elle venait de retrouver. Et quand elle s'est retournée ses deux seins m'ont sauté dans le champs de vision. Leur forme était parfaite, eux-aussi. Cette fille était sublime. Et si subtilement nue, comme ça en pleine rue... Ses deux tétons pointaient délicatement entre la dentelle. Mon coeur battait à un rythme infernal. J’allais mourir une deuxième fois.


Je suis vite rentré au bureau. Me suis enfermé à l'abri du regard des autres. Soulager ces déferlantes de désir. Anéanti par tant de beauté. Vaincu par la dentelle. Et j’ai fait ce qui était en mon pouvoir. Ce qui était de mon devoir. Presque comme un hommage. Avant de vous raconter cette brève aventure, la tête maintenant un petit peu apaisée.



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